LGESTSEIGNEUR

POURQUOI JACOB TENAIT-IL LE TALON D'ÉSAÜ ?

Bien des passages des Écritures restent des énigmes, des questionnements après lecture. Tel est pour beaucoup, celui sur la naissance d'Ésaü et de Jacob. Essayer de répondre à certaines des interrogations même anodines qu'il soulève, nous ouvre bien des perspectives et permet d'aller plus loin dans la compréhension de l'ensemble du message.

Prenons ce verset de la Genèse : «Ensuite sortit son frère, dont la main tenait le talon d'Ésaü ; et on lui donna le nom de Jacob.» (Genèse 25.26)  

Pourquoi Jacob tenait-il le talon de son frère ?  Que signifie cet acte ?

 

Le sens de ce geste de Jacob, c'est le prophète Osée qui nous le donne quand il dit : «Dans le sein maternel Jacob saisit son frère par le talon, et dans sa vigueur, il lutta avec DIEU.» (Osée 12.3)

 

Ce verset, qui rassemble deux passages de la Genèse, met en présence deux situations. Il montre, en effet, Jacob à deux moments et dans deux milieux différents de sa vie : dans le sein maternel d'abord puis dans sa vigueur. C'est à dire avant d'être né et après sa naissance, pendant tout le temps qu'il vécut.


Autrement dit, la Parole de DIEU témoigne des prédispositions de Jacob avant même qu'il ait eu une conscience des choses (dans le sein maternel). Celui qu'il sera c'est celui qu'il était déjà de manière innée.

 

Ce qui, tout simplement veut dire que de tout temps, Jacob fut un homme d'action et de combat qui; jamais, ni dans le sein maternel, ni hors de là, ne se laissa faire. C'est un homme qui n'acceptera les situations toutes faites. Il n'abdiquera jamais. C'est pourquoi ni par son frère ni même par l'ange de DIEU Jacob ne se laisse supplanter.

 

Dans le verset : «Jacob saisit son frère par le talon ... il lutta avec DIEU» ; l'action,  la témérité dont Jacob fait montre s'exprime à travers deux outils. Les verbes "saisir" et "lutter" pour traduire l'action, et la voix active pour montrer que c'est bien lui le sujet responsable de ses actes.

 

C'est Jacob qui saisit le talon de son aîné et non le talon qui repose sur sa main. Il ne subit rien, il est acteur et seul responsable de cette situation.

 

De même, avec DIEU c'est lui Jacob qui lutte avec l'ange de l'ÉTERNEL qui l'attaqua. Et la Parole nous apprend que toute la nuit il lutta jusqu'à ce que, à l'aurore, l'ange de DIEU le supplie de le laisser partir. Mais Jacob le retint jusqu'à obtenir de lui ce qu'il désirait : des bénédictions. (Genèse 32.24-29)

 

Remarquons que dans ces deux cas, ce sont des situations, au départ, désespérées pour lui. La cause était de toute évidence entendue. Étant entendu qu'un aîné reste un aîné et qu'aucun homme ne peut battre DIEU.

 

Mais Jacob n'en a cure. Très tôt il s'attaqua à son affaire. Dès le sein maternel, il se mit en demeure de prendre la première place. N'est-ce pas ce qui occasionnait les batailles dans le ventre de Rebecca ?

 

Si l'on met en parallèle les deux situations, l'on constate qu'ici, comme il le fera plus tard avec l'ange de DIEU, Jacob ne lâche pas prise. Il tient son frère ; car, il n'a pas obtenu ce qu'il désire après toute la lutte qu'il eut avec lui dans le sein de leur mère. Le jour de leur naissance arriva alors pour Ésaü comme l'aurore pour l'ange de DIEU. La lutte ne pouvait plus continuer sur ce terrain là. Car, le temps était arrivé de partir. Il fallait sortir de la nuit du sein maternel.

 

Or, à la différence de l'ange de DIEU qui lui donnera ce qu'il lui réclamera avant d'être lâché, Ésaü s'engagea vers la sortie sans que Jacob ait obtenu ce pour quoi il se battait avec son frère dans le sein de Rebecca, leur mère.  C'est pourquoi jusqu'à ce qu'ils voient le jour, Jacob tenait encore Esaü.

 

Le talon de son frère qu'il saisit à sa sortie était la preuve qu'il n'avait pas lâché son affaire. Peut-être cherchait-il à retenir Ésaü pour passer devant ? Quelle témérité !

 

Jacob naquit avec ce caractère et cette volonté qu'il acquit dès le sein maternel. C'était inné dirions-nous.


Et, une fois sorti, tout fut exploité à cette fin. Dès la première occasion, il racheta le droit d'ainesse des mains de son frère et, plus tard, il lui ravit ses bénédictions avec sa mère pour complice et alliée.


Il est donc clair que c'est depuis le ventre de Rebecca que Jacob voulait lui ravir la première place à Ésaü. C'est depuis le sein maternel que le droit d'ainesse lui était disputé. Ce dont n'avait certainement aucune conscience Ésaü, quand il méprisa ce droit et le vendit à son frère (Genèse 25.29-34).

 

Acte symboliquement lourd de conséquence pour son auteur. Car le faisant, Ésaü rendait désormais légales toutes les aspirations de son frère cadet liées à ce droit.

Rebecca ne commit donc aucune faute et aucun péché quand elle aida Jacob à ravir les bénédictions d'Ésaü. C'était le droit de son cadet et ce n'était que justice. C'est le contraire qui n'aurait pas été juste.

 

Quoi donc ! DIEU devait-Il abandonner son héritage à un homme aussi léger qui, à la première difficulté, est capable de tout vendre ? Lequel d'entre-nous confierait ses grandes choses à celui de ses fils qui se montra incapable de conserver et de prendre soin des choses de moindre valeur dont il a eu la charge ?

 

Ésaü ne s'est-il pas montré vil en abdiquant devant la faim ? En revanche, Jacob fit preuve de courage, de persévérance et vainquit l'adversité toutes les fois où elle se présenta.

 

C'est pourquoi, DIEU qui est juste, agrée aux  bénédictions reçues par Jacob et fit de lui le porteur de la descendance d'Abraham qui héritera de la promesse. N'est-ce pas mérité ?

 

Pour terminer, répondons à la question d'Ésaü qui s'indigna : «Est-ce parce qu'on l'a appelé du nom de Jacob qu'il m'a supplanté deux fois?» (Genèse 27.36)

 

Non, car c'est plutôt le contraire.

C'est bien parce qu'à leur naissance on vit qu'il était prédestiné ou plus exactement prédisposé à aller au devant de la difficulté et à vaincre qu'on donna à son frère le nom Jacob. Ce nom, il le reçut par anticipation. Ce n'est donc pas le nom Jacob qui est méritant, mais celui qui le reçut en guise de trophée pour ses victoires à venir. Et le moins qu'on puisse dire est qu'il s'en montra digne.

De même, il gagna de DIEU le nom Israël, non pas avant d'avoir fait ses preuves, mais bien après avoir vaincu (Genèse 32.28).


De sorte que l'on peut dire que de sa victoire sur les hommes il reçut des hommes le nom Jacob et de celle sur DIEU il reçut de l'ÉTERNEL le nom Israël.  

 

Jacob est un gagneur. Il ne renonce pas tant qu'il n'a vaincu l'adversaire. Il en fit la preuve avec son frère Ésaü. Et, Laban, le père de ses deux femmes, Rachel et Léa, qui voulait se jouer de lui, en fit les frais (Genèse 30 et 31). Et, l'ÉTERNEL lui-même le reconnut comme tel, après l'avoir éprouvé toute une nuit dans un combat. Il lui déclara alors : «Tu as lutté avec DIEU et avec des hommes, et tu as été vainqueur» (Genèse 32.28). 

 

Du reste, ses descendants hériteront de ses qualités. C'est pourquoi des fils de Jacob il est écrit : «C'est un peuple qui se lève comme une lionne, et qui se dresse comme un lion ; il ne se couche point jusqu'à ce qu'il ait dévoré la proie, et qu'il ait bu le sang des blessés.» (Nombre 23.24).

 

Par ailleurs, ce n'est pas deux fois qu'Ésaü fut supplanté par Jacob, c'est une seule fois. La seconde n'est que la conséquence logique de la première. Jacob ne le supplanta pas cette fois, il prit ce qui lui était dû. Ésaü ne devait s'en prendre qu'à lui-même. Lui qui méprisa son droit d'ainesse pour de la nourriture.

 

Mais Ésaü ne le prit pas ainsi. Il conçut de la haine pour son frère qu'il projeta de faire mourir. Ce vilain sentiment se grava pour l'éternité dans le cœur de sa descendance qui éprouve encore aujourd'hui une aversion viscérale pour les fils de Jacob. C'est une haine éternelle. C'est pourquoi, quand Israël péchera et que DIEU voudra le punir, c'est sous l'empire du peuple d'Ésaü qui le méprise que l'ÉTERNEL le fera tomber pour le détruire et le maintenir sous le joug jusqu'au temps de la fin. 


La haine éternelle que conçut Ésaü pour Jacob est d'ailleurs à l'origine d'un phénomène racial connu que chacun découvrira en cherchant à savoir ce que sont véritablement devenus les deux jumeaux de Rebecca : Ésaü et Jacob.

 

Prochain article donc : "ÉSAÜ ET JACOB : deux jumeaux, deux peuples, deux races ?"

 

En attendant, sachons qu'en DIEU il n'y a aucune place pour le mensonge. Seule la vérité nue nous affranchira. Elle se passe des à priori et des idées reçues.

 

Que l'Esprit de DIEU soit avec tous ceux qui craignent l'ÉTERNEL et qui espèrent en son Oint.

 

A NEBELE Sanseu Épiphanie


06/10/2013
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