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Le Bélier de Daniel 8 : les dominations mède et perse

LE BÉLIER : les dominations mède et perse


Le chapitre 8, aussi bien que le 7 et tous ceux qui suivent jusqu'au chapitre 12 de ce livre de Daniel, se rapportent au temps de la fin. Mais, chacun d'eux révèle un pan de ce que la terre en général et le peuple de DIEU en particulier aura à vivre avant ces derniers jours. Selon le plan conçu par l'ÉTERNEL, les prophéties de Daniel vont progressivement du général, c'est-à-dire des dominateurs, vers le particulier qu'est la nation des Saints de DIEU. A cet effet, le chapitre 8 devrait nous permettre d'en savoir un peu plus sur l'oppression faite contre le peuple et annoncée au chapitre 7 (Daniel 7.25), sur les acteurs et sur les circonstances si possibles de ces évènements. L'analyse présente est la première d'une série de cinq se rapportant à ce chapitre. [1-2-3-4-5] Suivons pas à pas cette troisième vision et laissons nous mener. Car c'est en restant attentif que se découvrent les nuances, les subtilités et que se dessinent clairement les portraits de ceux que veut bien nous révéler le SEIGNEUR.


  • Quelques points d'éclairage


8.17 Il vint alors près du lieu où j'étais; et à son approche, je fus effrayé, et je tombai sur ma face. Il me dit : Sois attentif, fils de l'homme, car la vision concerne un temps qui sera la fin. (…) 8.19 Puis il me dit : Je vais t'apprendre, ce qui arrivera au terme de la colère, car il y a un temps marqué pour la fin.

 

Version TOB : (…) Il me dit : «Comprends, fils de l'homme, car la vision est pour le temps de la fin. (…) Puis il me dit : «Je vais te faire connaitre ce qui arrivera au terme de la colère, car la fin est pour une date déterminée».

 

«La colère» dont-il est question dans ce verset, c'est la colère de DIEU contre son peuple saint pour les perversions et les abominations qui se pratiquent sur sa terre, dans sa nation, depuis qu'Il les y a menés (Ezéchiel 8.5-18). C'est pourquoi Sophonie dit : «Avant que le décret s'exécute et que ce jour passe comme la balle, avant que la colère ardente de l'ÉTERNEL fonde sur vous, avant que le jour de la colère de l'ÉTERNEL fonde sur vous! Cherchez l'ÉTERNEL, vous tous, humbles du pays, qui pratiquez ses ordonnances ! Recherchez la justice, recherchez l'humilité ! Peut-être serez-vous épargnés au jour de la colère de l'ÉTERNEL» (Sophonie 2.2-3). C'est de cette même colère que parlait Jean Baptiste, quand il disait : «Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?» (Luc 3.7). Jésus lui-même ne disait-il pas : «(…) Ce seront des jours de vengeance, pour l'accomplissement de tout ce qui est écrit. (…) Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple» (Luc 21.22-23).

 

Mais cette colère, ce n'est pas que contre les fils de Jacob qu'elle se manifestera. La colère de DIEU s'exécutera contre toute chair, contre tous les peuples et toutes les nations sur la terre dès lors que l'évangile a été annoncé à travers le monde entier. C'est pourquoi l'apôtre Paul avertissait déjà les Éphésiens : «Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou impur, ou cupide, c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le royaume de CHRIST et de DIEU. Que personne ne vous séduise par de vains discours; car c'est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion» (Éphésiens 5.5-6).

 

Or, maintenant que le monde s'est résolument et officiellement engagé à tourner le dos au DIEU de l'univers, par la voix très officielle du chef de la nation la plus puissante au monde, roi de ce monde, prince des ténèbres, qui s'est engagé à faire violence au temps de DIEU et à changer la Loi du SEIGNEUR [7], il faut comprendre qu'enfin «les pervers ont mis le comble à leur perversité» (Daniel 8.23- TOB). Il faut comprendre que l'humanité a opté pour le triomphe de la déchéance et de la perversité. Il faut comprendre que la dissolution est à son comble et que si ce n'est DIEU, le monde s'est engagé dans une voie de non retour où les hommes s'enfonceront toujours plus nombreux dans l'abominable que l'on a érigé en norme. C'est pourquoi, l'ÉTERNEL a prévu intervenir à ce moment là, pour mettre fin à sa colère contre son peuple et mettre un coup d'arrêt définitif à cette escalade de perversités dans laquelle ceux qui ont reçu la domination ont engagé le monde.

 

«Le terme de la colère» est donc le temps marqué pour que cesse la ruine décrétée contre la nation d'Israël à cause de ses transgressions. L'ange dit à Daniel : «Il y a un temps marqué pour la fin», car ce terme marque la fin des temps. C'est ce que nous appelons "la fin du monde". Et c'est ce temps qui connaitra le dénouement de cette histoire révélée par la vision. Jean, dans ses révélations, évoque ce terme de la colère qu'il place après sept fléaux qui toucheront la terre : «Puis je vis dans le ciel un autre signe, grand et admirable : sept anges, qui tenaient sept fléaux, les derniers, car par eux s'accomplit la colère de DIEU» (Révélation 15.1).

 

La colère de l'ÉTERNEL se manifestera pour faire payer sa nation et laver la terre du SEIGNEUR des impuretés et des souillures qui y ont été pratiquées. Mais il sera aussi infligé une grande punition au monde pour ses méchancetés et ses dérives. C'est ce que l'on apprend de l'ÉTERNEL Lui-même qui par Esaïe dit : «Je punirai le monde pour sa malice, et les méchants pour leurs iniquités; Je ferai cesser l'orgueil des hautains, et J'abattrai l'arrogance des tyrans» (Esaïe 13.11). C'est ce jour-là que l'ETERNEL prévenait en disant : «Je rendrai les hommes plus rares que l'or fin, Je les rendrai plus rares que l'or d'Ophir», car ce sera vraiment un décor d'apocalypse, ce sera la fin de ce monde.


Bref ! Revenons à notre sujet.

 

  •  Le Bélier

 

8.3 Je levai les yeux, je regardai, et voici, un bélier se tenait devant le fleuve, et il avait des cornes; ces cornes étaient hautes, mais l'une était plus haute que l'autre, et elle s'éleva la dernière. 8.4 Je vis le bélier qui frappait de ses cornes à l'occident, au septentrion et au midi; aucun animal ne pouvait lui résister, et il n'y avait personne pour délivrer ses victimes; il faisait ce qu'il voulait, et il devint puissant.

 

Explication

8.20 Le bélier que tu as vu, et qui avait des cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses.

Pour comprendre ce verset, c'est Daniel lui-même qui nous aide à nous retrouver. C'est d'ailleurs ce qui rend aisé et agréable la lecture de ce prophète.

 

En effet, en revenant au chapitre 5 l'on comprend qu'après la transgression dont s'était rendu coupable Baltshassar (ou Balshassar) fils de Nabuchodonosor (Daniel 5.1-4), la domination fut ôtée à Babylone. «Les Mèdes et les Perses» sont les deux peuples à qui cette domination fut confiée. Et, c'est Daniel lui-même qui le prédit en ces termes : «Et voici l'explication de ces mots. Compté : Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. Pesé: Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. Divisé : Ton royaume sera divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses» (Daniel 5.26-28). Ce fut lorsque Balshassar l'invita à décrypter l'inscription sur le mur, tracée par la main qui leur apparut pendant qu'ils festoyaient (Daniel 18.31).

 

Le Bélier qui frappait dans tous les sens symbolise donc une période très précise dans l'Histoire. Il s'agit de la prépondérance des Mèdes et des Perses. C'est cette période que nous connaissons surtout comme la période du rayonnement de l'Empire Perse. En réalité cette période fut d'abord marquée par la domination Mède. C'est d'ailleurs un Mède, Darius, qui prit, le premier, le pouvoir, quand fut tué Balshassar (Daniel 5.30-31). Les Mèdes dominèrent et les Perses furent leurs vassaux jusqu'à Cyrus le grand qui mit fin à cette suprématie. A partir de ce moment là ce fut la montée en puissance de la dynastie achéménide.

De grands et puissants rois se succédèrent sur le trône pour la prospérité de l'Empire Perse. Quelques uns de ses rois les plus significatifs furent Cyrus le grand, Darios 1er, Xerxès, et Artaxerxès.

 

Comme on le voit, ce furent d'abord les Mèdes, puis vinrent les Perses. C'est pourquoi c'est dans cet ordre que s'élevèrent les cornes du bélier. La première corne représentant les rois Mèdes était la plus petite. Car, cette première domination ne valut pas en puissance celle des Perses venue en second et représentée par la corne la plus haute.

 

Quoi qu'il en soit, la seconde période du règne du Bélier, celle qui vit la seconde corne s'élever, couvre la domination Perse de Cyrus à Darius (ou Darios III) et part de 550 à 330 avant Jésus Christ. Car, c'est effectivement par la dynastie achéménide avec Darios III que prit fin cette domination qui, rappelons-le, leur fut attribuée à eux et aux Mèdes par l'ÉTERNEL, en punition à l'acte grave de Balshassar qui utilisa les ustensiles du temple de Jérusalem dans un festin mondain où, comme dit Daniel : «Ils burent du vin, et ils louèrent les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre» (Daniel 5.4).

 

Un même bélier représentait la domination de ces deux peuples (Mèdes et Perses), car finalement, ce sont deux peuples qui vécurent en bonne intelligence. Les rois perses, depuis la victoire sur les Mèdes, ne les traitèrent pas en ennemis où en esclaves. Ils furent au contraire traités en égaux des Perses et les deux peuples ne firent plus qu'un. C'est ainsi que dans l'Histoire l'on retrouve le nom de généraux Mèdes auprès des rois perses pendant leurs conquêtes.

 

Extrait :

En 490 av. J.-C., une puissante armée perse commandée conjointement par Artapherne (neveu de Darios) et le général mède Datis envahit la Grèce par le nord, mais est battue à la bataille de Marathon.

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Mais, c'est la Bible qui nous donne la meilleure preuve de fusion entre les deux peuples. En effet, les livres d'Esther et de Daniel par la référence constante aux deux peuples dans des circonstances solennelles, nous autorisent à affirmer qu'il y avait une parfaite entente entre l'un et l'autre.

 

Ils avaient la même armée et les archives de la royauté étaient les mêmes pour les deux peuples, comme l'indiquent les passages des versets suivants : «(…) Le roi Assuérus (…) fit un festin à tous ses princes et à ses serviteurs ; les commandants de l'armée des Perses et des Mèdes,…» (Esther 1.3) ; «(…) le livre des Chroniques des rois des Mèdes et des Perses…» (Esther 10.2).

 

Mieux, ces deux livres (Esther et Daniel) laissent entendre que les lois, et même la constitution étaient communes, que les rois aient été Mèdes ou Perses. Les passages suivants en sont la preuve :

«Si le roi le trouve bon, qu'on publie de sa part et qu'on inscrive parmi les lois des Perses et des Mèdes, avec défense de la transgresser, une ordonnance royale…» (Esther 1.19)

«Maintenant, ô roi, confirme la défense, et écris le décret, afin qu'il soit irrévocable, selon la loi des Mèdes et des Perses, qui est immuable.» (Daniel 6.8)

«La chose est certaine, selon la loi des Mèdes et des Perses, qui est immuable.» (Daniel 6.12)

«Sache, ô roi, que la loi des Mèdes et des Perses exige que toute défense ou tout décret confirmé par le roi soit irrévocable. (Daniel 6.15)

 

Ainsi donc, ces deux peuples se mêlèrent pour ne former qu'un, pour le rayonnement de l'Empire Perse jusqu'à ce que survienne un autre peuple (le bouc) qui anéantit leur domination.

  

Sûrement que certains se demandent, quand nous étudions les chapitres 2 et 7, pourquoi l'empire perse qui fut une très grande domination ne compte pas parmi les quatre grandes dominations (or, argent, bronze et fer) [6] qui devaient régir le monde depuis Nabuchodonosor jusqu'à la fin.

En vérité, les quatre royaumes (or, argent, bronze et fer) résument une même domination celle des fils de Babylone (ou de Nabuchodonosor). Les Mèdes et les Perses ne faisant pas partie de ce peuple, leur domination fut comme un "appendice" (ou une sorte de "sortie de route") que connut la domination de Babylone qui devait se prolonger depuis Nabuchodonosor jusqu'à la fin des temps. C'est pour punir le fils de Nabuchodonosor de sa transgression que la domination leur fut retirée pour un temps pour être confiée aux Mèdes et au Perses. Au demeurant,  ce même chapitre 8 de Daniel, nous indique que les Perses perdront la domination au profit de Javan (la Grèce), ce qui correspond à un retour de la domination aux fils de Nabuchodonosor jusqu'à la fin comme l'avait prédit Jérémie.

 

Car, il faut savoir que les quatre royaumes (Or, argent, airain et fer) évoqués aux chapitres 2 et 7 de ce livre de Daniel sont tous issus d'un même peuple qui se résume dans la Bible à Babylone ou aux fils de Nabuchodonosor. En tout cas, pour comprendre, il ne faut voir en ces quatre royaumes des origines différentes. C'est le même peuple à qui Le SEIGNEUR confia de dominer sur l'humanité jusqu'à la fin des temps. Car, irrité contre son peuple, l'ETERNEL prononça contre Israël et ses voisins : «Maintenant Je livre tous ces pays entre les mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur; Je lui donne aussi les animaux des champs, pour qu'ils lui soient assujettis. Toutes les nations lui seront soumises, à lui, à son fils, et au fils de son fils, jusqu'à ce que le temps de son pays arrive, et que des nations puissantes et de grands rois l'asservissent» (Jérémie 27.6-7).

 

Il est clair que, tel qu'énoncé, tout laisse présager une domination de Babylone sur le peuple d'Israël et ses voisins, depuis Nabuchodonosor jusqu'à la fin des temps. C'est aussi, la raison pour laquelle dans la vision, au chapitre 2, l'ensemble des quatre royaumes est représenté par une même statue depuis Nabuchodonosor (le premier royaume jusqu'au quatrième et dernier royaume. Pour dire que c'est une continuité depuis Nabuchodonosor jusqu'à la fin des temps.


Et, quand le dernier royaume de fer se brisera (Daniel 2.44) [7], c'est tout l'édifice qu'a constitué la domination babylonienne qui se sera écroulé, pulvérisé pour laisser libre, enfin, le peuple des Saints de DIEU tombés depuis Nabuchodonosor sous le joug de leurs ennemis. Alors, le cri qui retentira dans les cieux, alors même que Babylone n'existe plus pour nous, ce sera «Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande» (Apocalypse 14.8 et 18.2). Car en vérité, ce peuple ou cette civilisation qui s'écroule au temps de la fin est celle des descendants de Nabuchodonosor (Babylone).

 

Après "l'intermède" donc que fut le pouvoir des Mèdes et des Perses, retournons à la domination des fils de Babylone par l'animal qui fonça de toute sa fureur sur le Bélier et le foula.

 

 

A NEBELE Sanseu Épiphanie


05/03/2013
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